Je transporte ma roulotte de souvenirs de l’autre coté de la France.
Un ailleurs ambulant, image d’un autre temps.
Feux d’artifices et valises au fond des mirettes.
Chrysalides et falaises de grés rose
A bientôt…
Je transporte ma roulotte de souvenirs de l’autre coté de la France.
Un ailleurs ambulant, image d’un autre temps.
Feux d’artifices et valises au fond des mirettes.
Chrysalides et falaises de grés rose
A bientôt…
Je n’ai plus de maison.
Plus de toit à me mettre sur la tête les jours de pluie
Plus de porte à ouvrir.
Plus de clés à mon trouceau.
Est ce que ça peut vouloir dire que dorénavant tous les autres nids sont les miens ?
Aujourd’hui, je le sais, je l’ai vu, d’un coté de la Bretagne il y a la mer.
L’océan plus exactement.
De l’autre, je ne sais pas vraiment.
Loin, loin il y a ma maison.
Ca je le sais aussi, mais entre les deux… ?
C’est dans cette brume estivale que mes idées convergent.
Et pour la première fois de ma vie, ce sont les yeux d’un autre qui me poussent à aller l’explorer.
Il me reste quelques heures pour plonger toute entière dans les mirettes que j’ai rencontré ici. Des yeux de rires, de souvenirs, de larmes et de charmes.
Et m’envoller. Une dernière fois.
Il y a des jours ou le bonheur respire délicatement au creux de notre orreille.
Le soleil se cramponne au bleu qui nous sert d’ultime plafond
Les robes légères sont de rigueurs
Le roman qui habite notre vie depuis 348 pages est sur le point de s'achever.
Confiture de rhubarbe sur tartine fraîchement grillée.
Délicat café matinal.
Chassé croisé des rayons de soleil dans les rideaux de la cuisine.
Espoir que ce moment s'étendra loin loin loin dans les brumes matinales
Etre une fleur en tissus pour ne jamais faner.
Lorsque on déménage tout son joli fatra, de drôles de pensées nous chatouillent l’esprit : Aurais-je assez de papier de soie pour emballer les cailloux ? Dans quoi je vais bien pouvoir transporter mes avions ? Combien d’étoiles vais-je accrocher à ce carton ?
Entre rêves et mélancolies, souvenirs et perspectives d’un avenir sourire, mon cocon se vide tout doucement.
C’est drôle comme aucun déménagement ne se ressemble !